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Editorial : Les villes africaines peuvent elles se transformer grâce aux nouveaux projets de transport urbain ?

il y a 3 jours
2 min de lecture
Par Marie Dols, Experte urbanisme et mobilité

Partout en Afrique, les projets de Bus Rapid Transit (BRT), de Bus à Haut Niveau de Service (BHNS), de métro ou de train urbain se multiplient. À Abidjan, Dakar, Nouakchott, Nairobi ou encore Addis-Abeba, ces infrastructures suscitent de fortes attentes. Elles doivent répondre à la croissance rapide des villes, améliorer l’accessibilité, réduire les congestions et accompagner le développement économique. Mais une question demeure : ces projets peuvent-ils véritablement transformer la ville ou risquent-ils de rester de simples infrastructures de transport ?


Ce bulletin accompagne la Conférence internationale de la mobilité durable et du climat, qui se tiendra à Abidjan, en Côte d’Ivoire, du 19 au 22 octobre 2026. Organisée conjointement par CODATU, Climate Chance et l’Autorité de la mobilité urbaine dans le Grand Abidjan (AMUGA), cette rencontre constitue une occasion de nourrir le dialogue entre mobilité, urbanisme et action climatique. Les contributions réunies ici apportent des éclairages et des expériences pour alimenter ces échanges. Elles invitent à dépasser une lecture strictement technique de la mobilité. Elles montrent que la réussite d’un projet dépend autant des voies, des stations ou des véhicules que de sa capacité à s’inscrire dans les territoires, à prendre en compte les usages et à fédérer les acteurs concernés.


Julien Allaire ouvre cette réflexion en analysant le développement des BRT et BHNS sur le continent africain et leur potentiel pour structurer durablement la croissance urbaine. Raymond Deschamps rappelle ensuite que la réussite des réseaux repose avant tout sur une gouvernance multi-acteurs capable d’assurer l’articulation entre les différents modes de transport et les échelles d’intervention.


À partir de l’expérience d’ABA-WORKSHOP, Nelly Bussac défend une approche centrée sur l’expérience vécue des usagers et sur la qualité des parcours. Manuel Vieitez illustre, à travers un projet de terminus à Nouakchott, l’importance d’adapter les solutions aux contextes locaux plutôt que de transposer des modèles conçus ailleurs. Depuis Abidjan, Magali Kreitmann met en lumière le rôle stratégique des pôles d’échanges multimodaux dans la construction d’un système de mobilité intégré.


La parole est également donnée aux praticiens de terrain. Quentin Lefèvre montre comment l’observation des usages et la cartographie sensible permettent de mieux comprendre les besoins des habitants. Alioune Thiam interroge les conditions d’une articulation plus efficace entre transport collectif et mobilité piétonne à Dakar. Enfin, Marie Dols revient sur les enseignements tirés des analyses urbaines conduites autour des futures stations du BRT d’Abidjan et sur la nécessité de penser les pôles d’échanges comme de véritables projets urbains.


En clôture de ce numéro, Marie-Zoé Ramondou et Charlène Kouassi proposent une lecture transversale de l’ensemble de ces contributions. Elles rappellent que la performance d’un projet de transport ne se mesure pas uniquement à l’aune de son infrastructure, mais aussi à sa capacité à s’intégrer aux territoires, aux pratiques de mobilité et aux systèmes d’acteurs existants.


Une conviction traverse ainsi l’ensemble de ce bulletin : les transports collectifs de masse peuvent être de puissants leviers de transformation urbaine, à condition de s’appuyer sur une gouvernance inclusive, une compréhension fine des usages et une articulation permanente entre mobilité et projet de ville.


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